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Ferme Abitibienne : l’agneau à son meilleur pour les adeptes des marchés publics!
Encore en 2025, la Ferme Abitibienne a reçu le Prix d’excellence en production ovine remis par l’Agence de vente des agneaux lourds, qui coordonne la mise en marché de cette viande dans toute la province. Et les Témiscabitibiens qui fréquentent les marchés publics sont aux premières loges pour avoir accès à ce produit d’exception.
Tournage d’une recette avec Pascal Binette et Émilie Mainville dans le cadre de la campagne D’la viande autour de l’os. ©D’la viande autour de l’os – Christian Leduc
Savoir d’où provient l’agneau du Québec disponible sur les tablettes des supermarchés est un fait rare. Mais grâce à sa mise en marché de proximité, la Ferme Abitibienne offre l’agneau à son meilleur aux adeptes des marchés publics de l’Abitibi-Témiscamingue!
Depuis 2007, Bruno Lemieux et sa conjointe Émilie Mainville ont repris les rênes de l’entreprise familiale située à Palmarolle. Auparavant centrée sur la production laitière, la ferme a reçu une nouvelle vocation de ces deux amoureux de l’agriculture, qui l’ont réorientée vers la production ovine, une niche qui a longtemps fait la réputation du petit village d’Abitibi-Ouest avant d’être peu à peu délaissée en raison de l’absence d’abattoir dans la région et des coûts élevés de transport.
Photo 1: Émilie Mainville et Bruno Lemieux à la ferme. ©Goûtez AT – Christian Leduc // Photo 2: La Ferme Abitibienne est présente dans plusieurs marchés publics. ©Danaë Ouellet
Une viande d’exception
Mais eux persistent. Et les animaux de cet élevage de 600 brebis étaient d’une qualité telle que les jeunes producteurs ont décidé de tout mettre en œuvre pour rendre cette viande d’exception accessible aux gens d’ici. Il y a trois ans, ils ont ainsi écoulé à la ferme l’équivalent d’une trentaine de bêtes en différentes découpes congelées sous vide. Et devant l’engouement de la clientèle, les ventes ne cessent d’augmenter depuis.
« On avait quand même beaucoup de monde qui trouvait ça plate de ne pas pouvoir en acheter. Il y avait une demande et il n’y en a pas en épicerie. Ceux qui aiment ça et qui nous connaissent, ils sont heureux. On est à peu près à 90 agneaux cette année », lance fièrement Émilie Mainville, qui partage désormais la tâche des marchés avec sa fille aînée.
Même si cela représente un faible pourcentage des quelque 1 600 agneaux produits à la ferme chaque année, la bergère se réjouit de cet attachement local. « C’est valorisant de le vendre. De semaine en semaine, les gens sont surpris d’apprendre que le meilleur agneau du Québec est produit chez nous », laisse-t-elle tomber humblement. Et surtout, une fois qu’ils y ont goûté, ils y reviennent, assure Émilie Mainville.
La Ferme Abitibienne élève 600 brebis. Photo: ©Goûtez AT – Christian Leduc
Reconnaissance de gourmets
Elle est par exemple honorée que la cheffe de Rouyn-Noranda, Jézabel Pilote, qui s’apprête à lancer sa table éphémère et offre toujours un service de traiteur, ait choisi de mettre de l’avant son agneau dans ses créations culinaires.
« Elle m’a contactée parce qu’elle avait des gros clients qui venaient et elle voulait leur faire des carrés d’agneau. Et ils ont capoté!, relate-t-elle fièrement. Elle m’a dit : c’est évident la qualité de la viande, on le voit vraiment par la texture, le goût. Donc elle en a racheté beaucoup et veut continuer avec notre agneau! »
Déjà convaincue du plaisir de transformer son agneau, Émilie Mainville ne cesse d’élargir son offre : sauce à spaghetti, cretons, boulettes, keftas, saucisses et autres terrines. Les clients des marchés fondent pour la terrine au porto et aux canneberges, alors qu’elle-même a un faible pour celle à l’ail noir. Elle avoue aussi être séduite par l’imagination des chefs de la région qui ont cuisiné son agneau et créé des recettes dans le cadre de la campagne promotionnelle D’la viande autour de l’os.
Agneau quatre saisons
Si les côtelettes, brochettes et autres keftas sont parfaites pour le barbecue, d’autres pièces se prêtent particulièrement bien aux cuissons longues davantage associées à l’automne ou à l’hiver. Comme le démontrent de manière particulièrement délicieuse et éloquente la recette de Tajine de gigot d’agneau aux prunes confites et oignons perlés du chef de Tomate et Pesto, Sébastien Marleau, ou de celle des jarrets d’agneau braisé et sauce aux champignons sauvages d’Angèle-Ann Guimond de l’Éden Rouge.
« Ça ne m’a pas surpris parce que c’est toujours très bon! Mais c’est sûr que ça soit cuisiné, inventé par des chefs d’ici, j’étais vraiment emballée par ça. Ça me rend fière », fait valoir Émilie Mainville, qui voit dans ces recettes originales D’la viande autour de l’os une belle façon de faire découvrir l’agneau aux gens de chez nous.
Sébastien Marleau a créée la recette de Tajine de gigot d’agneau. ©Goûtez AT – Christian Leduc
Un souci du travail bien fait et respectueux de l’environnement
Parce que selon elle, c’est aussi une forme de reconnaissance de tout le travail fait en amont à la ferme. Et une occasion de déconstruire le préjugé le plus persistant à l’égard de l’agneau, c’est-à-dire qu’il goûte la laine, une idée qu’elle conteste vigoureusement.
« Les agneaux qui ont été élevés ailleurs, ils les envoient dans le champ et à la fin de l’année, ils vont les chercher, donc ils sont plus vieux et goûtent fort. Tandis que nous autres, les techniques d’élevage qu’on a, c’est qu’on y va vraiment avec la génétique. On a de bons béliers, on a une génétique de brebis aussi qui est très bonne. La brebis fait beaucoup de lait et après, notre nutritionniste les suit et selon le foin qu’ils mangent, tout est ajusté.
À quatre, cinq mois, ils sortent de chez nous et ils sont très légers. Ce petit goût léger se marie bien avec plusieurs épices, plusieurs fines herbes, ça donne un petit punch », compare-t-elle.
Elle s’enorgueillit d’ailleurs que le savoir-faire d’Abitibi-Ouest occupe une place prépondérante dans cette recette gagnante. Les béliers de race Suffolk de la Ferme Abitibienne proviennent en effet tous de la Ferme Gilbert Lord à Sainte-Germaine-Boulé.
« Il est très bon en génétique, il gagne des prix lui aussi. Si nos agneaux sont beaux, c’est aussi parce qu’ils ont une très belle génétique », fait remarquer Émilie Mainville, qui ajoute que la proximité de cette ferme est aussi en accord avec les valeurs environnementales de l’entreprise, qui va même jusqu’à utiliser les granules produites avec la laine de ses animaux pour la fertilisation des champs.
Et s’il y avait un abattoir dans la région, plutôt que de devoir rapporter les animaux pour le moment abattus à Terrebonne? « Ça serait magique, ça serait encore plus local! », conclut-elle, rêveuse.
Photo 1: La Ferme Abitibienne oofre plusieurs découpes d’agneau dont les carrés d’agneau. Photo: Goûte AT – Christian Leduc. // Photo 2: Plusieurs recettes créées par des chef.fes de la région sont offertes par la campagne de promotion D’la viande autour de l’os.
