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Vincent Fluet d’Écobourgeons, l’agronome d’asphalte!

Même si l’idée peut sembler extravagante et impossible, Vincent Fluet a réussi son pari. Pour une 3e année, il fait pousser des légumes en milieu urbain à La Sarre. Il se surnomme d’ailleurs lui-même « l’agronome d’asphalte! »

L’idée a germé dans son esprit il y a plus de cinq ans. « J’ai étudié en agroéconomie à l’Université Laval. La production maraîchère était ce qui m’intéressait le plus », soutient le jeune homme de 33 ans.

Ce qui n’était au départ qu’un rêve s’est concrétisé plus rapidement en raison d’un événement marquant. « Je faisais beaucoup de route car je travaillais à deux endroits; dans une serre à Gallichan ainsi que comme conseiller financier en entreprise à Rouyn-Noranda », mentionne Vincent Fluet.

« J’avais un jeune enfant et mon deuxième était en route. Je ne peux pas confirmer que c’était à cause de la fatigue mais j’ai eu un accident de voiture. Il n’y a heureusement pas eu de conséquences graves mais c’est ce qui a été le déclic pour partir mon projet » précise-t-il.

« J’aime le travail de bureau mais j’aime aussi être dehors. Mon entreprise représente 30 % de tâches cléricales et 70 % physiques et c’est parfait. J’ai d’ailleurs déjà levé un total de 13 000 livres en une journée! » fait valoir le propriétaire.

Un jardin dans sa cour

Comme il possède déjà un grand terrain en milieu urbain à La Sarre, Vincent Fluet a tenté l’expérience directement à son domicile. « Ça m’a permis de me faire les dents. En 2017, on a bâti la maison et en janvier 2018 mon enfant est né. La première année de mon jardin commercial a eu lieu en 2020 », souligne l’agriculteur.

Celui-ci a évidemment eu besoin de l’approbation de la municipalité pour faire modifier la règlementation et lui permettre de vivre de l’agriculture sur un terrain résidentiel. « Certaines personnes en ville cultivent des légumes sur le toit ou via un jardin communautaire. Mais à l’échelle commerciale comme je le fais, à ma connaissance il n’y en n’a pas d’autres au Québec, et si oui, il s’agit d’un modèle assez rare », estime Vincent Fluet.

Il lit et écoute de nombreux ouvrages, papiers, sur le web ou sur différents groupes pour s’inspirer. « J’ai dû apprendre la soudure, la plomberie, la construction et j’ai même fait ma première dalle de béton », se réjouit l’autodidacte. Vivre et dormir pratiquement dans son jardin lui apporte certains avantages, comme réagir très rapidement dans certaines situations et ainsi éviter des pertes. « Quand il y a de gros vents ou trop de pluie, je peux ajuster le tir rapidement. J’ai une très petite surface, soit 0,1 acre. L’an prochain j’aimerais posséder ½ acre », souhaite-t-il.

Le jardin d’Écobourgeons à La Sarre en Abitibi Ouest
La serre se trouve dans la cour arrière de la maison.

Produire et acheter local

La ferme Écobourgeons fait partie de l’initiative Mangez local et offre une quarantaine de paniers. « Dans ceux-ci je dois obligatoirement mettre 15 % de produits issus d’un autre producteur inscrit dans ce programme. Par exemple, l’ail et les carottes ne viennent pas de mon jardin », explique Vincent Fluet.

Dans ses paniers, les acheteurs retrouveront entre autres des tomates, des poivrons, des haricots, des petits fenouils, de la laitue, des radis, des rabioles, du chou rave, des fines herbes (basilic, aneth, coriandre), du kale, des courgettes et des betteraves.

La ferme vend également ses produits dans les commerces locaux, dont le restaurant La Brute du coin et la Boucherie du Brack. « Les gens nous suivent et croient en notre projet. Je me demande si l’inflation va affecter nos ventes. Comme les prix augmentés viennent surtout du transport, je pense que les gens d’ici ne seront pas perdants en allant vers nos légumes. En plus, la qualité est incomparable », rappelle le maraîcher.

Vincent Fluet est d’ailleurs lui-même un consommateur d’excellents produits régionaux. Son coup de cœur? L’hydromel houblon et miel d’été concocté par la Miellerie de la Grande Ourse, située à Saint-Marc-de-Figuery.

Doubler sa production

À long terme, Vincent Fluet souhaite doubler sa production. « En ce moment, tout repose sur moi. Si je me blesse, je ne peux pas m’occuper de mon entreprise. Mon but ultime serait de trouver un partenaire pour agrandir et s’entraider. Je peux le coacher et l’aider à faire son plan d’affaires. J’y pense pour dans cinq à dix ans», souligne-t-il.

Mais à court-moyen terme, l’agriculteur se fixe aussi des objectifs. « En ce moment le jardin me rapporte 25 000 $ par année. L’an prochain, je vise le 50 000 $ ou 60 000 $. Je vais bâtir une serre chauffée à temps perdu, pour ma saison 2023 » précise Vincent Fluet.

Réduire ses GES

Avec sa ferme, Vincent Fluet souhaite bien se nourrir, protéger la planète et faire une différence dans le monde en renforçant la sécurité alimentaire, surtout face aux contextes d’incertitudes climatiques et sanitaires.

« Les pesticides, je n’en utilise pas. Je suis sensibilisé à l’insécurité alimentaire et je vise zéro émission de gaz à effets de serre. Même si j’ai construit beaucoup de choses, je n’ai même pas passé un gallon d’essence. Je fais de la compensation carbone via un organisme. Je calcule les kilomètres parcourus par mon père quand il vient m’aider. Ça ne me revient pas cher, puisque je n’émets presque pas de GES. Cela répond à mes valeurs et à mes ambitions sociales et environnementales », affirme-t-il.

Apprendre et se tromper

Bâtir une entreprise de A à Z avec des connaissances théoriques amène aussi son lot de mauvaises ou bonnes surprises. « J’avais brûlé un rang complet de légumes lors de la première gelée. J’ai maintenant installé de la ventilation » rigole Vincent Fluet. « Aussi, à la fin de ma saison l’an passé, j’étais fatigué. On est parti en vacances familiales et j’ai fermé mon jardin de façon temporaire en l’abriant. Quand on est revenus, j’ai ouvert le tout et il y avait 400 concombres matures bons à la consommation, en plein mois d’octobre. Je n’en revenais pas! » se souvient-il.

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