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Pour des nouvelles gourmandes

Les goûts de Yann Quenet

Partir seul faire le tour du monde sur un voilier de 4 mètres qu’il a lui-même construit : voilà le pari un peu fou de Yann Quenet. Marin hors norme, il navigue à bord de Baluchon avec le strict minimum, sans confort, ni moteur, guidé par les vents, la curiosité et une grande liberté. Et cet hiver, c’est sur la terre ferme, en Abitibi-Témiscamingue qu’il a poursuivi ses aventures avant de reprendre le large. Au fil de ses escales, ce sont souvent les gens qui viennent à lui. Intrigués par son minuscule bateau, ils l’invitent à leur table. Des moments de partage qui, sans être au cœur de sa démarche, deviennent une porte d’entrée privilégiée pour découvrir le monde.

Après une longue remontée du fleuve Saint-Laurent, le parcours de Yann Quenet l’a mené jusqu’à La Motte, en Abitibi-Témiscamingue, où il a passé quelques mois. Une escale inattendue, née du hasard des rencontres, mais qui s’inscrit parfaitement dans sa façon de voyager. Habitué à vivre avec l’essentiel et à se laisser porter par les gens qu’il croise, Goûtez AT a eu envie de le rencontrer pour découvrir comment ces moments partagés, ici comme ailleurs, nourrissent ses aventures.

À bord de Baluchon, ton voilier de 4 mètres, l’espace est extrêmement limité. Comment t’organises-tu pour manger pendant les traversées?

À vrai dire, la nourriture n’est pas une priorité à bord de mon petit bateau. J’ai un petit réchaud à gaz, mais généralement la mer est trop agitée pour ne serait-ce que faire chauffer un peu d’eau. Je mange le plus souvent froid : des sardines à l’huile et du maquereau en boîte, souvent accompagnés de Ramen, quelquefois des raviolis (froids là aussi) et, les jours de fête ou le dimanche, de la purée déshydratée mélangée avec du pâté Hénaff (très célèbre en Bretagne), avec un peu de fruits au sirop.

Après plusieurs jours à manger la même chose en mer, est-ce que le premier repas à terre devient un moment particulièrement attendu?

Pas vraiment. Je suis tellement content de naviguer sur mon petit bateau que je suis en général plutôt triste quand une navigation se termine.

Quand tu es sur la terre ferme, es-tu plutôt gourmand ou plutôt frugal?

Je suis plutôt frugal. Par contre, si j’ai un paquet de gâteaux ou de bonbons, ou une tablette de chocolat sous la main, j’ai du mal à résister à ne pas tout dévorer d’un coup!

As-tu un petit péché mignon auquel tu as du mal à résister?

Les fraises Tagada, pire encore : les petits ours en guimauve enrobés de chocolat…

Tu es originaire de Saint-Brieuc, en Bretagne. Y a-t-il un plat ou une spécialité bretonne qui te rappelle particulièrement la maison?

La spécialité de la baie de Saint-Brieuc est la coquille Saint-Jacques. Bien préparée au four avec de la chapelure, c’est un vrai régal.

À chaque escale, les gens sont intrigués par ton minuscule bateau et tu es souvent invité à partager un repas. Aimes-tu qu’on te fasse découvrir les spécialités locales?

Oui, mais à vrai dire, c’est plutôt le côté convivial que je trouve sympathique, peu importe le plat.

Depuis le début de ton tour du monde, quelle a été ta plus belle découverte culinaire? Un plat, un pays, un souvenir marquant?

Sur l’île de La Réunion, la spécialité est le rougail saucisse. C’est délicieux, par contre c’est extrêmement pimenté, il faut s’y habituer petit à petit. Aux îles Marquises, on accompagne tous les plats avec du poï-poï : c’est du fruit de l’arbre à pain macéré pendant de longs mois. Ça a vraiment un goût très fort et quelqu’un qui n’est pas habitué a vraiment beaucoup de mal à en manger. J’ai essayé, mais mon palais a tout de suite rejeté le goût, aux grands rires des Marquisiens.

Depuis ton arrivée au Québec, tu as visité les Îles-de-la-Madeleine, Rimouski, Québec, Montréal. As-tu goûté à des produits ou des plats québécois qui t’ont surpris?

Aux Îles-de-la-Madeleine, beaucoup de gens qui venaient me voir m’offraient des palourdes en bocaux, ça doit être la spécialité de l’île. Ce n’est pas très ragoûtant à voir, ça m’a fait penser à des morceaux de cervelle de bébé baignant dans un jus opaque. J’en ai reçu presque une vingtaine. Les gens ne s’imaginent pas que, sur un petit bateau comme Baluchon, je ne peux pas prendre trop de poids et que je n’ai rien à bord pour cuisiner ce genre de chose. Finalement, chaque fois que j’étais invité en remontant le fleuve Saint-Laurent, j’emmenais un bocal de palourdes, ce qui est beaucoup plus original et a été tout autant apprécié qu’une bouteille de vin.

Ton aventure t’a mené jusqu’à La Motte, en Abitibi-Témiscamingue. Comment un marin qui fait le tour du monde s’est-il retrouvé là, par quel concours de circonstances?

C’est pendant ma remontée du fleuve Saint-Laurent, qui m’a pris plus de deux mois, que j’ai fait plein de rencontres, dont quelqu’un qui connaissait du monde à La Motte. Comme pendant tout mon tour du monde, c’est presque toujours le hasard des rencontres qui m’emmène dans des endroits tous plus sympathiques les uns que les autres.

As-tu eu l’occasion de vivre des expériences ou d’essayer des activités typiques de notre hiver?

Oui, bien sûr! J’ai eu l’occasion de rester quelque temps dans un camp au milieu des bois, toujours dans le secteur de La Motte. J’ai fait des kilomètres et des kilomètres de marche en raquettes. J’ai aussi passé quelques jours en Jamésie dans un autre camp. J’ai eu aussi la chance d’accompagner un transport de bois en forêt avec des chevaux de trait. J’ai fait du traîneau à chiens et aussi de la pêche sur glace!

Durant ton séjour ici, as-tu eu la chance de goûter à quelques-uns de nos produits régionaux? As-tu fait une découverte spéciale ou eu un coup de cœur?

Oui, j’ai eu la chance de goûter à plusieurs choses dont les yaourts de chez Boréalait : une tuerie!!!

Tu repars bientôt afin de traverser le Canada et rejoindre l’océan Pacifique avec Baluchon. Quelles seront tes prochaines aventures?

Je compte reprendre la mer en Colombie-Britannique et rejoindre directement la Polynésie française. Je pense mettre environ 50 jours. Comme j’ai pris quelques réserves grâce à mon long hiver abitibien, ça me permettra de ne pas trop souffrir de la faim!

Quel petit bout d’Abitibi-Témiscamingue vas-tu rapporter avec toi?

Je me suis offert une magnifique paire de raquettes en bois et je vais me les envoyer par la poste en Bretagne. À mon retour, dans deux ou trois ans, je les fixerai au-dessus de ma cheminée. Des raquettes à neige sont totalement inutiles en Bretagne, où il pleut beaucoup plus qu’il ne neige, mais chaque fois que je les regarderai, je repenserai avec plaisir à l’Abitibi.

Tu as écrit un livre qui raconte ton premier tour du monde. Le deuxième livre est à l’étape d’écriture. Est-ce qu’on risque de lire quelques pages sur l’Abitibi-Témiscamingue?

J’ai effectivement mis mes aventures sur papier dans un premier livre qui se nomme Le tour du monde avec mon baluchon paru aux éditions Pocket. Il est même disponible au Québec. Et cet hiver, j’ai travaillé à l’écriture d’un deuxième livre et j’ai un chapitre consacré à mon hiver ici. Mais je ne sais pas encore quand le livre sera publié. À suivre!

Photos et dessin: Courtoisie Yann Quenet.

Partout où ils vont, Yann Quenet et Baluchon suscitent l’intérêt et font rêver. Son passage au Québec et en Abitibi-Témiscamingue n’a pas fait exception. Vous pouvez voir et lire quelques reportages sur son passage chez nous.

  1. La dérive douce de l’affranchi Yann Quenet autour du monde – Le Devoir
  2. Le Baluchon: le mini voilier sur le fleuve – Télé-Québec
  3. Rencontre avec l’aventurier Yann Quenet – Ici Abitibi-Témiscamingue
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