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Pour des nouvelles gourmandes

Le rêve agrotouristique de la Ferme des Praz et filles prend vie!

Christel Groux, Sylvain Fleurant et leurs trois filles Maggie, Béatrice et Élizabeth. Photo: Caroline Perron.

Inviter des gens à la ferme : le rêve agrotouristique que caresse depuis des années la copropriétaire de la Ferme des Praz et filles va enfin se concrétiser au cours de l’été! Que ce soit pour déguster une crème glacée, plonger dans la fin de semaine avec un barbecue très Smash and Chill ou s’évader dans les champs le temps d’un pique-nique, tous les prétextes seront bons pour manger local et démystifier la production bovine!

Depuis qu’elle a lancé la ferme bovine avec son conjoint, il y a une quinzaine d’années, Christel Groux rêve de recevoir le public à la ferme. Si l’aventure a été retardée parce que la réglementation l’empêchait d’avoir un point de vente à la ferme en même temps qu’elle exploitait l’abattoir de proximité d’Évain et qu’elle avait pignon sur rue à Rouyn-Noranda, l’effervescence créée autour du projet ces derniers mois enthousiasme l’agricultrice.

« C’est fou! Tout le monde arrête à la ferme pour demander quand ce sera prêt, illustre-t-elle. On a une vague de support et d’amour des gens. On a tout le temps dit que nos clients, c’est comme une grande famille. On le ressent. Ils sont là, ils ont hâte, ils prennent des nouvelles, c’est vraiment le fun! »

Élizabeth et Béatrice sont déjà passionnées d’agriculture. Photo: Goûtez AT – Christian Leduc

Une grande famille

Car si la Ferme des Praz — qui a ajouté la mention « et filles » au nom de l’entreprise en mai dernier — prend ce virage, c’est aussi pour faire de la place à la relève qui pousse. Toutes trois passionnées d’agriculture, Maggie, Élizabeth et Béatrice se préparent depuis des mois déjà à accueillir les visiteurs.

« Pour le moment, il n’y a aucun employé autre que les filles, Sylvain et moi, note Christel Groux. Elles mettent la main à la pâte, elles sont allées suivre la formation pour savoir comment fonctionnait un bar laitier. Elles sont impliquées dans les événements, les panneaux d’interprétation, elles ont envie de recevoir les gens, d’expliquer ce qu’elles font. »

Elle précise d’ailleurs que le « hasard faisant bien les choses », les sœurs ont dû biberonner ce printemps une génisse abandonnée à la naissance. Nommée Bernadette, elle « court partout » et va « devenir comme une petite mascotte! », s’exclame Christel Groux.

La Ferme Des Praz et filles est située à Rémigny au Témiscamingue. Photo: Goûtez AT – Christian Leduc

Valoriser la production bovine

Car l’objectif de la Ferme Des Praz et filles est aussi de démystifier la production bovine. Comme le fait que cette petite Bernadette, issue d’une grossesse double, une rareté qui survient dans environ 2 à 5 % des gestations, ait dû être rescapée, sa génitrice se concentrant sur son autre veau. Ou qu’il faut environ 24 mois de soins attentifs pour « finir » une bête avant de pouvoir en consommer la viande. Ou encore que, pour manger du bœuf local en Abitibi-Témiscamingue, les éleveurs doivent faire abattre leurs animaux à plusieurs centaines de kilomètres avant de rapporter les carcasses pour les détailler.

« L’objectif, c’est de valoriser chaque pièce le plus possible, même les pièces qu’on voit moins, fait valoir Christel Groux, citant par exemple la joue de bœuf – qui sera d’ailleurs en vedette dans la nouvelle campagne D’la viande autour de l’os grâce à une recette de parmentier braisé créée par la cheffe Angèle-Ann Guimond – ou encore le triangle de surlonge (tri-tip), avec lequel elle prépare son propre jerky. Tout le monde sait faire cuire une bavette ou un filet mignon maintenant, ce n’est plus un challenge. Les pièces un peu moins connues demandent parfois un peu plus de travail. Mais c’est d’inviter les gens à se mettre aux fourneaux! »

La productrice espère qu’environ une bête élevée à la ferme sur cinq pourra ainsi se retrouver sur la table de découpe de son partenaire, Sylvain Fleurant. Elle pourra ensuite soit faire l’objet d’une seconde transformation et être vendue en prêt-à-manger, soit être vendue nature à un client, à qui l’on pourra conseiller les meilleures façons de l’apprêter selon le moment de l’année.

 

Joue de boeuf braisée. Photo: D’la viande autour de l’os – Christian Leduc.

Une foule d’activités au menu

« L’osso buco en plein été, ce n’est pas winner, donc peut-être que, l’été, cette partie-là va être envoyée en viande hachée. Mais l’hiver, on fera de beaux osso buco », illustre-t-elle, disant voir tant dans le kiosque à la ferme et les événements ponctuels qui y seront organisés que dans la campagne de promotion de viande locale D’la viande autour de l’os, des occasions d’outiller les consommateurs.

À quelques reprises cet été, on pourra, par exemple, profiter du contexte champêtre de la ferme à l’occasion d’un barbecue sur place. Des Praz et filles mijote aussi quelques pique-niques où les gens pourront profiter des champs pour déguster leur repas, mentionne Christel Groux, précisant que plusieurs citoyens qui ont participé à la campagne de sociofinancement de l’entreprise ont déjà l’eau à la bouche à l’idée de réclamer leur « contrepartie ».

« J’ai annoncé les vendredis Smash and Chill : quelques vendredis dans l’été, on va faire des smash burgers, un petit menu, mais ça ne deviendra jamais un restaurant ou une table champêtre. Je vais préparer des paniers de pique-nique que les gens pourront aller manger dans le pré. Et on va refaire des mini-marchés », énumère encore Christel Groux, précisant que le meilleur moyen de se renseigner sur ces événements est de consulter régulièrement la page Facebook ou de s’abonner à l’infolettre de l’entreprise.

Et si les événements extérieurs et les marchés publics ne sont pas prévus pour le moment, les habitués seront ravis d’apprendre que la livraison dans des points de chute aux quatre coins de la région devrait éventuellement reprendre, une fois que l’entreprise aura retrouvé son erre d’aller.

« On investit chez nous. On a la chance d’être bien situés à Rémigny, sur le bord du chemin. J’ai de la place pour stationner des autos, donc je veux essayer de maximiser cet avantage. Éventuellement, on va reprendre les livraisons, mais on va manger l’éléphant en petites tranches : ouvrir le kiosque et le bar laitier, commencer la transformation, et après ça, on verra comment ça va », laisse tomber Christel Groux, qui se réjouit que l’attachement de la clientèle envers ses produits se maintienne malgré une petite pause de commercialisation… de quoi se faire désirer encore quelques jours!

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